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Bourse : 2016 dans la lignée de 2015 ?

Posté le : 18/01/2016

L’année 2015 a en effet été riche en évènements : mise en place du « quantitative easing » en zone euro, crise boursière et ralentissement chinois, perspectives de croissance mondiale revues en baisse, référendum grec, mini dévaluation chinoise, hausse du risque géopolitique, chute des cours des matières premières et enfin première hausse des taux de la FED depuis 2006. Au final, l’indice des actions mondes (MSCI World en devises locales) termine l’année avec une performance proche de 0%*, les actions européennes sont en hausse de 7 *, les actions américaines sont proches de 0%*, les taux souverains des pays développés affichent également des performances proche de 0.

L’année 2016 s’annonce complexe mais les divergences actuelles doivent être mises à profit afin d’apporter du rendement dans un contexte de taux durablement bas.

Nous identifions plusieurs sources de divergences:

Divergences macroéconomiques : un ralentissement net des émergents et une reprise économique tirée par la demande intérieure des pays avancés. Les fondamentaux sont donc en faveur des pays développés, ce constat conduit pour l’instant à privilégier ces derniers au détriment des pays émergents. Néanmoins cette divergence a pour conséquence des valorisations attractives pour les émergents (dettes, actions et surtout devises). La stabilisation de la croissance de la Chine et des prix du pétrole fourniront les points d’entrée pour les marchés émergents.

Divergences monétaires : elles devraient s’intensifier en 2016, la Fed continuera à relever ses taux, la BCE et la Banque du Japon à accroître leur bilan, et la Banque centrale chinoise à stimuler lademande. Ces divergences correspondent à des positions différentes dans le cycle (haut de cycle et plein emploi aux Etats Unis versus début de reprise et chômage élevé en Europe et ralentissement structurel en Chine). Ces divergences monétaires seront sources de volatilité sur les marchés et particulièrement sur les devises.

Divergences sur les marchés actions et obligations d’entreprises : les divergences de politiques monétaires et les différences dans le degré de maturité du cycle économique devraient favoriser le marché des actions européennes (taux bas, dividendes élevés, valorisation attractive comparée aux actions américaines, demande interne soutenue…) ainsi que celui des actions japonaises. Le constat est le même sur le marché de la dette privée avec un poids du secteur de l’énergie moins prononcé en Europe et un niveau de levier des entreprises européennes bien plus faible qu’aux Etats Unis.

Divergences sur les marchés émergents : selon que le pays est importateur ou exportateur de matières premières. Les pays consommateurs de matières premières, capables de dégager une croissance autonome et à faible dette externe sont les pays émergents à privilégier.

Nous identifions plusieurs facteurs de risque pour 2016 : politiques (Brésil, Turquie, Grèce, Royaume Uni et le risque d’un Brexit), géopolitiques (Syrie, État islamique, flux de migrants, attaques terroristes), poursuite du ralentissement économique des émergents (nouvelle chute du prix des matières premières), une croissance mondiale plus faible qu’anticipée (consensus à 3% pour 2016), une crise de liquidité notamment sur les obligations d’entreprises.

Au total, pour aller chercher de la valeur, il faudra exploiter les divergences mentionnées plus haut tout en étant vigilant face aux différents risques cités. Cela passera par une certaine dose de flexibilité et d’opportunisme.

 

Par Laurent Gaetani

Directeur Général de Degroof Petercam Gestion

 

(source OPCVM360)